Kill Bill sur un plateau, ça vous dit ?

9,0
"Tuer des dragons et ramasser des trésors, c'est bien, mais il n'y a pas que ça dans la vie !"

Voilà ce que disait l'un de mes vieux Jeux & Stratégie.

Et c'est vrai qu'à y regarder dans ma ludothèque, je me rends compte qu'il y a beaucoup de boîtes renfermant des épées et des grosses bestioles, entre les Gardiens d'Altem de Mage Knight, les haches de lancer de Darklight Memento Mori, les Lions blancs de Kingdom Death: Monster, les potions d'endurance de Gloomhaven et j'en passe.

Dans Street Masters, on oublie les donjons lugubres, les haches double tranchant et les monstres de dix mètres de long. On se retrouve à se balancer des patates dans la rue, ou du moins dans le monde moderne, sisi ! Et, disons-le clairement, ça change !

Vous contrôlerez en gros un personnage très puissant qui effectuera des attaques à coups de cartes et de dés et qui devra accumuler de la défense pour se protéger des ennemis. Si vous gérez comme il faut votre personnage, vous aurez la satisfaction de le voir passer en mode « charged » qui lui accordera un pouvoir très puissant. Quand vous vaincrez le boss, vous aurez gagné. Par contre, si votre Fighter tombe au combat ou qu’une condition spéciale aura été remplie, vous aurez perdu, nah !

Street Masters, c'est un peu du Tekken et Street Fighters réunis dans du jeu de plateau. Alors non, il ne s'agit pas d'affronter un adversaire en 1 vs 1, mais l'ambiance en est proche.

Parce qu'à l'instar des jeux vidéo que je cite, Street Masters c'est :

Choose your Fighter

Choose your enemy

Choose your stage

and...

FIGHT!

Mais voyons ces trois éléments plus en détails.


*Les Fighters*

La boîte de base vous propose six personnages. Chacun a sa figurine, son deck de cartes et un style de combat qui lui est propre. Certains tapent forts ; d'autres privilégient les coups faibles mais handicapants. Certains effectuent des attaques à distance ; d'autres se limitent au corps à corps. Certains encaissent les coups dignement ; d'autres répondent par une défense agile.

Vraiment, vous n'aurez pas l'impression de jouer le même personnage d'une partie à l'autre.

Sachez d'ailleurs que tous ne sont pas aussi simples d'accès. Les plus complexes vous demanderont bien de l'entraînement pour être maîtrisés.


*Les ennemis*

Comme je l'ai dit, on n'affronte pas un unique adversaire dans Street Masters. Non, ça serait trop simple ! Comme on est des durs, on se confronte à un gang complet, rempli de malfrats. Un gang se compose d'un boss et de ses minions. Autant dire qu'on a affaire à un genre de Beat 'em up. Et croyez-moi, ça sera rythmé. Les ennemis ne vous feront aucun cadeau (sauf quand vous en vaincrez un, là vous aurez le droit de piocher une carte Loot) !

Étant coopératif, Street Masters nous laisse jouer les Fighters et se charge de contrôler les ennemis.

La boîte de base met en scène quatre gangs et demi. Oui, j'ai dit 4,5, et vous comprendrez pourquoi. Voici ce à quoi on a le droit :

- La team russe, aux commandes de Dimitri et de son bazooka (!)
- Les passeurs de drogue et leur chef psychopathe
- Les Yakuzas, dévoués à un champion d'art martiaux béni par la puissance du dragon (ah ben si, il y a du dragon, en fait...)
- Le Kingdom, une bande pour le moins atypique dirigée par trois leaders différents (on choisit lequel en début de partie, ce qui influence le style de jeu)

A l'instar des personnages, la complexité varie d'un gang à l'autre : il faudra avoir un peu d'expérience avec le jeu pour comprendre clairement le fonctionnement de certains. Vous verrez par exemple que Dimitri attend dans son coin que vous l’approchiez, le chef du Cartel tentera de vous tirer dessus avec sa carabine et Kemono préparera dans son coin des attaques surpuissantes auxquelles personne ne peut échapper.

Mais c’était parler des Boss. Et vous verrez qu’il n’y a pas qu’eux : leurs minions sauront vous faire passer un sale quart d’heure. Et ce qui est bien, c’est qu’ils sont à nouveau différents les uns des autres. En fait, chaque gang possède trois types de minions, généralement deux types « faibles » et un troisième plus redoutable. Et chaque type de minion a ses capacités. Certains vous agrippent pour vous empêcher de bouger, certains renforceront la défense de leurs alliés, certains vous tireront dessus avec leur flingue... Vous voyez ce que je veux dire.

Mais comme il n’y a pas que les Fighters et les ennemis, nous allons maintenant parler de :

*Les stages*

Il s’agit sûrement de ce qui fait de Street Masters un jeu exceptionnel.
Chaque stage est un plateau, une arène dans laquelle les poings casseront des dents. Mais il s’agit aussi d’une situation. Pour mieux vous situer, voici les stages que nous offre la boîte de base :

— Un hangar
— Un terrain vague rempli de cachettes
— Un bureau open-space
— Un casino
— Une salle d’interrogatoire
— Un temple lugubre
— Une salle de combat délabrée
— Une salle de clonage ( !!! )

Chacun de ces stages vous proposera un affrontement qui lui est propre. La condition de victoire restera la même (vaincre le boss), par contre les conditions de défaite différeront.
Exemples : dans le terrain vague, vous serez constamment la cible de tirs extérieurs tandis que le gang ennemi tentera de sortir de la marchandise ; dans le casino, il vous faudra protéger les parieurs terrifiés tandis que le boss videra les machines à sous ; dans la salle de combat délabrée, vous vous battrez au côté de Fighters débutants que le boss essaiera de zigouiller etc.
Et ce qui est génial, c’est que n’importe quel gang s’adaptera à n’importe quel stage ! Vous avez envie d’affronter la team russe dans le casino ? Faites seulement ! Vous préférez en découdre avec le Cartel dans la salle de clonage ? C’est tout aussi possible. Pour les Fighters, c’est pareil : ils peuvent être joués sur n’importe quel stage.

Cela fait donc plein de possibilités. Je vous laisse cependant imaginer la durée de vie avec les Fighters, les gangs et les stages des extensions. Croyez-moi, il va falloir sacrément jouer pour tout essayer.
Mais là je sens que certains d’entre vous se font du soucis. Ils sont en train de penser « T’es bien gentil, Skinner, mais moi j’ai pas forcément les moyens ou la place d’accueillir un All-in de Street Masters chez moi. Du coup, j’ai peur de vite faire le tour avec la boîte de base... »
Eh bien, soyez rassurés, vous avez déjà beaucoup de combinaisons possibles avec la boîte de base, et elles sont très rejouables. Pourquoi ? Parce que de parties en parties, les minions n’entreront pas en jeu dans le même ordre, pareil pour les évènements propres au stage, et encore pareil pour les cartes de votre Fighter. Ça sera à chaque fois différent.
Ça vous fait encore peur ? Pourquoi ne pas essayer alors d’augmenter la difficulté ? Les règles ne proposent rien pour cela, mais ce n’est pas grave car cela demeure extrêmement facile. Vous n’aurez qu’à augmenter le nombre de points de vie du boss, lui rajouter de la défense au début, commencer la partie avec quelques minons en jeu, jouer avec les yeux bandés... Un peu d’imagination y remédiera sans problème.

Et le joueur solo dans tout ça, qu’est-ce qu’on en fait ?
Eh bien il se régalera, car Street Masters est l’un des rares jeux où jouer un seul personnage est possible et aussi intéressant que d’en jouer plusieurs. Mage Knight demeure selon moi le maître ultime dans ce domaine, mais Street Masters n’en est pas loin.
Donc oui, vous vivrez des parties passionnantes en ne jouant qu’un seul personnage. Vous en vivrez également si vous en jouez deux, même si cela sera corsé.

Bref, Street Masters est un jeu nerveux, tactique, cinématique, simple d’accès, peu gourmand en place, avec une superbe rejouabilité. On ne peut qu’être admiratif de toutes ses qualités. Bien sûr, il faut aimer casser des gueules, car c’est le cœur du jeu !
Le jeu a été proposé plusieurs fois sur Kickstarter, mais il peut être acheté sur le site de l’éditeur (il faut tout de même parfois attendre que les livraisons du KS soient effectuées avant de pouvoir passer commande).

Sur ce, je concluerai par ces mots :

Get ready for the next battle!

Comments (4)

labelle rouge
labelle rouge
Excellente critique ! Merci.
Skinner
Skinner
Avec plaisir !

@Tout le monde, n'hésitez pas à poser des questions si nécessaire.
pikraft
pikraft
J'adore ton explication je l'ai lu d'une traite bravo. C'est tu si une vf par une communauté francophone existe des cartes ou du livret de règle au moins ? Merci à toi
Skinner
Skinner
Merci pour ce message !

Alors le meilleur truc à faire est de vérifier sur BGG, même si je doute qu'il y ait actuellement quelque chose. :(
Il faut espérer, ou alors peut-être se renseigner sur les réseaux sociaux (dont je suis absent) : peut-être qu'une petite communauté francophone pourra t'aiguiller.
Default