Scythe, désormais incontournable du genre

9,9
Amateurs de jeux rapides et légers ce jeu ne vous est pas destiné, qu'on se le dise.

En revanche si vous voulez découvrir un jeu dynamique, stratégique et immersif vous avez frappé à la bonne porte.

On ne présente plus l'As d'or 2017 de la catégorie expert mais je vais tenter de le faire quand même rapidement.

Scythe vous propose de vous immerger dans une Europe alternative de 1920. La poussière de la première guerre mondiale n'est pas encore totalement retombée que les différentes nations (Saxonie, Rusviet, Pologne, Nordique ou Crimée, pour le jeu de base) converge déjà vers l'Usine, haut lieu d'innovation technologique ayant produit les mechas durant la guerre.

Vous êtes donc à la tête d'une de ces nations. Chacune d'entre elle a envoyé un héros (et son acolyte animal) aux motivations diverses afin de prendre possession de la région et étendre les frontières de sa nation. Votre but sera donc d'explorer cette région afin d'y faire des rencontres et de découvrir de nouvelles technologies, d'étendre votre empire afin de contrôler toujours plus de territoire, d'exploiter les ressources qui s'y trouvent et enfin de repousser les éventuels ennemis que vous pourriez rencontrer sur votre chemin.

Scythe rentre donc dans la catégorie des jeux 4x (Exploration, Expansion, Exploitation, Extermination) et libre a vous de développer chacun de ces aspects de manière plus ou moins profonde durant vos parties.

Car oui, Scythe va vous demander de faire des choix. Des choix de stratégie, des choix de tempo et évidement des choix économiques. Et tous ces choix seront à la fois liés et déterminants.
Allez vous tenter d'imposer votre domination militaire en déployant vos imposants mechas dans la région ? Ou construirez vous plutôt une machine économique bien huilée afin de prendre vos adversaires de court dans cette course aux richesses ?
Car ne perdons pas l'objectif de vue : être le plus riche lorsque la partie se terminera.

Le jeu est fluide, dynamique et admirablement pensé : à son tour chaque joueur choisi une des 4 options qui s'offrent à lui sur son plateau de jeu. A savoir, déplacer ses unités, acheter des ressources, en produire, ou soutenir l'effort de guerre.
Chacune de ces actions étant appairée avec une autre parmi : améliorer sa technologie, déployer de puissant mechas, construire un bâtiment ou enrôler de nouvelles recrues.
Chaque plateau de joueur présente des associations d'actions différentes, ce qui rend chaque joueur unique dans les choix qui s'offrent à lui. Tout le monde peut tout faire, mais pas de la même manière.

Et tout l’intérêt vient de ces associations justement. Allez vous déplacer des unités ce tour-ci ? L'action associée étant l’enrôlement sur votre plateau alors que vous auriez aimé construire un bâtiment. A oui, mais si vous construisez vous ne pourrez pas vous déplacer ce tour-ci puisque l'action associé et celle de la production... Raaaah des choix, des choix !

L'asymétrie assumée de ce jeu va donc vous poussez a réfléchir à vos forces et vos faiblesses et à la manière d'en tirer le meilleur dans le contexte qui vous est proposé.

C'est bien beau tout ça mais on s'arrête quand ?
Ici, point de nombre de tours prédéfini, non.
Là encore, c'est malin, c'est rusé, c'est intelligent !
Le jeu présente une liste "d'objectif", "d'achievements" en quelques sortes. Lorsqu'un joueur en atteint 6 sur les 10 proposés la partie prend fin instantanément. Tension, frustration, course seront donc là pour envelopper le tout.

Evidemment ces objectifs correspondront en général à votre stratégie initiale : si vous avez déployer vos 4 mechas, vous avez atteint un objectif sur les 10 ! Bravo ! Mais que faire ensuite ? Quelle nouvelle orientation vais-je pouvoir prendre ? Et comment puis-je capitaliser sur ma stratégie initiale ? Construire des bâtiments ? Ce n'est que peut synergique... Alors qu'un objectif est de remporter une victoire lors d'un combat. Ah ?! Peut-être que mes mechas durement acquis pourrons me servir pour atteindre celui-ci...

Oui mais voilà, mettre fin a la partie en ayant atteint 6 "achievements" n'est en rien gage de victoire. Ce le sera parfois mais ce ne sera pas systématique. Car les étoiles (petits jetons que l'on place sur les objectifs atteints) rapporterons de précieux points ($) en fin de partie mais ne seront peut-être pas suffisant pour l'emporter...

Ajoutez à cela un game design de qualité, intelligent et tellement bien pensé. Les emplacements de vos unités révéleront, une fois celles-ci déployées sur le plateau, de nouvelles capacités et bonus ou coûts jusqu'alors inactifs. Tout se place parfaitement et chaque chose a une place bien précise. Un bonheur pour les maniaques de mon genre.

Enfin, Jakub Rozalski signe ici des illustrations d'une qualité folle servant admirablement le propos du jeu et permettant une immersion impressionnante dans ce monde à l'atmosphère particulière. Les géants de métal en arrière plan laissent planer une ambiance dérangeante sur les ouvriers travaillant des les champs. Car la faux (Scythe en anglais) symbolise aussi bien le labeur rural indispensable que le couperet fatal de la chose martiale.

Scythe m'a donc conquis (au cas où vous en douteriez encore), de part ses mécaniques simples et efficaces, son univers fort et très graphique ainsi que l'intelligence de la mise en oeuvre du propos.

Comptez au minimum 120 minutes de partie (pouvant aller jusqu’à 180 min avec de nouveaux joueurs) et 80€ pour faire l'acquisition de ce désormais incontournable du genre.

Comments (1)

Proctor
Proctor
Merci Fraoch pour cet avis qui résume bien ce formidable jeu avec ses illustrations exceptionnelles
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