GIFL, c'est ici qu'on a besoin de vous !

Par Izobretenik

Published on Jun 25, 2014 • Lecture 8 min. •  4681 vues

GIFL, c'est ici qu'on a besoin de vous !

Femme et jeux de société

Dans le tout dernier épisode de Proxi-Jeux, le thème était "la place de la femme aujourd'hui dans le monde du jeu de société"... Autant vous dire que j'avais des tas de choses à raconter. Mais en même temps, la crainte de tomber dans les poncifs ou les stéréotypes liés à ce type de débat - surtout investi le temps d'une chronique - m'inquiétait profondément. J'ai déjà eu une discussion que je qualifierai de houleuse sur le sujet. Il est difficile pour des francophones de se figurer la société japonaise et son fonctionnement à distance. Surtout lorsque l'on ne connaît le Japon qu'à travers un voyage touristique de quelques jours ou le plaisir pris à jouer Love Letter. Et il est tout aussi difficile d'en parler d'expérience sans omettre les informations les plus fondamentales...

Le Japon, pour simplifier et résumer, a développé un univers ludique concentré sur les hommes, généralement célibataires et peu enclins à s'entourer de filles ou de femmes. Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie sur ma chronique publiée dans le premier épisode du numéro 56 du podcast Proxi-Jeux.

Precure et compagnie !

Ce dont je voulais parler, pour rebondir suite à cette chronique, c'est des jeux aux thématiques douteuses dont je ne cesse d'espérer qu'un jour elles disparaîtront. Pour illustrer ma révolte - calme comme le vent qui souffle dans un paysage de Hiroshige - j'ai décidé de vous parler de deux jeux...

L'un était disponible au Game Market de Tokyo qui a eu lieu le 1er juin de cette année et l'autre a été annoncé pour le 25 juillet ! La création japonaise fait parler d'elle depuis désormais deux ou trois ans et il n'y a aucun doute, c'est Love Letter qui a lancé cette vague de jeux à deux sous qui valent leur pesant d'or. Sail to India, Lost Legacy, Card of the Dead, Minivilles, bientôt X-ing ou Dungeon of Mandom... c'est une déferlante de jeux japonais qui envahit les magasins en dur ou en E-matière.

Pourtant, il y a tout un pan de la création qui reste dans l'ombre pour les Européens et j'ai envie de dire : tant mieux. Comme je l'ai expliqué dans ma chronique audio, une grande partie des joueurs japonais (et je fais l'impasse sur les joueuses exprès) aiment, que dis-je, adorent, vénèrent les objets ludiques aux allures dénudées...

En Allemagne, le merveilleusement idiot Busen Memo a plus d'une fois fait parler de lui, mais ici, les jeux du genre graveleux proposent des paquets de cartes où les illustrations prennent sans aucun doute le pas sur la mécanique en exposant des corps jeunes, sinon très jeunes, dans des tenues qui choqueraient n'importe quel papa. Bon, en même temps, au pays des "Precure", où on apprend aux toutes petites filles à gagner des points en portant des vêtements courts ou laissant entrevoir, le sourire aux lèvres, des fantasmes pour pédophiles couverts par la loi, on peut se dire que finalement, tout cela est normal.

Malheureusement, pour tout papa qui passe le plus clair de son temps libre à s'amuser avec sa fille aux jeux Haba, Selecta ou aux folies ludiques des Fraga, vivre dans ce contexte est tout aussi inquiétant que mes névroses sont nombreuses. Les univers du type Precure sont partout au Japon et lutter contre demande une vigilance de tous les instants. Je n'accorde d'ailleurs pas beaucoup plus de foi aux sucreries de Walt Disney, soit dit entre nous... Let it go, let it go! (Avec l'eau du bain, oui !)

Réacs OP

Et puis, parce qu'on ne peut pas nier l'actualité japonaise lorsque l'on parle d'un sujet tel que celui-là, sachez simplement que le Japon est encore entaché par les polémiques de ses hommes politiques, aussi réactionnaires que conduits par des discours indigents... Il y a à peine quelques jours, un coup d'éclat a été médiatisé suite aux remarques lancées par quelques couards sexistes lors d'une discussion sur les difficultés que rencontrent les femmes japonaises à concilier vie professionnelle et vie de mère. Parmi les délicates fulgurances : "Tu fais partie de celles qui devraient se marier le plus vite possible" ou encore "Tu n’es même pas capable d’avoir des enfants !".

Et là où je me détache de ce que rapporte Hélène Guinhut, la journaliste de Elle, c'est que non, cette histoire n'a pas révolté les Japonais. Encore une preuve que, encore trop souvent, les journalistes semblent ne pas pouvoir s'empêcher d'appliquer leur propre réaction, culturellement marquée, à celle d'un pays bien éloigné encore de leurs dynamiques sociales. Non, les mentalités n'évolueront pas à cause de ce coup d'artifice purement sexiste.

Au contraire, le débat qu'a lancé Ayaka Shiomura restera dans l'ombre de la polémique et ça arrangera bien les partisans d'Abe, de Masuzoe (le gouverneur de Tokyo, l'un des pires personnages qu'on puisse imaginer. Il avait notamment expliqué aux médias que les femmes ne pouvaient pas entrer en politique parce que, selon lui, "les menstruations empêchent les femmes de prendre des décisions importantes") et les autres grabataires façon teishukanpaku, parce qu'ils ne se cachent pas de dire et répéter que la femme n'a pas sa place dans la société professionnelle des hommes.

Une femme doit être à la maison à s'occuper des enfants, à préparer le déjeuner de son mari et disparaître entièrement du monde public.

Quand un tel environnement n'interroge qu'une infime partie de la population et les médias, qui se régalent d'un scandale qui leur donne de l'entertainment pour pas cher, il ne faut pas s'étonner que les femmes soient si mal traitées dans la création ludique. Même si les enjeux sont sans doute moindre, ça n'en reste pas moins un signe de plus, un affront de plus.

Allez, c'est parti pour deux présentations effarantes :

Petite culotte entre copains

Les 5 raisons pour lesquelles elle a choisi ces sous-vêtements !

playbrock

Le principe du jeu est on ne peut plus simple. Certains joueurs vont essayer de deviner quels sous-vêtements a choisi le joueur qui incarne la jeune fille invitée à un rendez-vous.

On choisit la "petite amie" et les autres joueurs incarnent tous le "petit ami".

On choisit la "petite amie" et les autres

joueurs incarnent tous le "petit ami".

Les "petits amis", tous pour un et un pour tous, vont recevoir une des 5 cartes qui permettent de définir l'ambiance du rendez-vous : quel type d'homme êtes-vous ? Dans quel lieu proposez-vous d'aller ?, etc. Une fois que chacun a écrit à l'abri des regards indiscrets ce qui lui vient à l'esprit, tous les "petits amis" découvrent leur réponse.

Quel genre d'homme ? Où ?

Quel genre d'homme ? Où ?

Le joueur, ou la joueuse mais je crains que les filles ne soient pas de la partie (!), qui incarne la "petite amie" va alors composer 4 tenues légères différentes en essayant de coller au mieux aux réponses qui ont été données... Une fois les combinaisons réalisées, la "petite amie" les découvre aux "petits amis". A eux désormais de trouver la tenue sélectionnée...

Je me demande si ça marcherait pour un rendez-vous chez un psychiatre ?

Je me demande si ça marcherait pour

un rendez-vous chez un psychiatre ?

La note de musique, ça doit être le bruit que font les hormones des garçons solitaires.

La note de musique, ça doit être le bruit

que font les hormones des garçons solitaires.

Et voilà ! Rien de plus, rien de moins. Non seulement, le thème est douteux mais en plus la mécanique n'a aucun intérêt en soi. 4 propositions, choisissez au hasard... Voilà une idée de mécanique ludique géniale !

Ah, j'oubliais de préciser que le joueur avec le plus de points à la fin l'emporte. Le jeu. Parce que la nuit, évidemment, se finira comme chaque soir, chez papa et maman en solitaire. Nom d'un fondement appâté ! Alors, bon, pour ceux qui vraiment trouvent qu'il y a là de quoi s'éclater pour les 5 prochaines années avec un jeu super original et magnifiquement produit, sachez que ça ne vous coûtera que 3800 yens. Oui, une bagatelle. Allez, une ou deux images pour vous montrer le matériel.

Le matériel.

Le matériel.

Un peu plus de matériel.

Un peu plus de matériel.

Et le plus drôle dans cette histoire, c'est que j'ai découvert le jeu par le plus grand des hasards. En fait, et ça risque de briser un peu le mythe pour un auteur qui a créé un jeu appelé Love Letter, j'ai remarqué le jeu dans les mains de Seiji Kanai à la clôture du Game Market. En lisant le titre, je croyais avoir rêvé mais non. Le jeu existe. Il est même vendu ! Mais attendez, il y a bien pire. Vous allez voir. Et encore, je vous passerai les illustrations à tendance pédophile de certains jeux... Non, en fait non. Aujourd'hui, ça va piquer.

Un soutien-gorge, avec votre jeu ?

Zombie, une joueuse, sur Twitter :

エロゲ特典にブラジャー付けるとか、いよいよ本当にあの業界頭おかしい En cadeau avec ce jeu érotique, un soutien-gorge... Ce monde est décidément bizarre.

Plutôt que de vous parler précisément du jeu et de son immatérialité mécanique, je vais juste mettre deux illustrations, ça devrait suffire. En plus, ça ne coûte que 8800 yens ! Franchement, vous imaginez ? Le plus triste, c'est les commentaires qu'a engendrée cette annonce. La catchphrase du jeu, c'est "imaginez-vous (les garçons) jouant les petites amies idéales"... Ce sera aussi un jeu vidéo, au passage. J'oubliais l'essentiel : vous aurez le choix entre plusieurs modèles. Faut pas déconner quand même.

Oui, vous ne rêvez pas. Oui, je sais, ça pique au moral.

Oui, vous ne rêvez pas. Oui, je sais, ça pique au moral.

On pourra peut-être me rétorquer qu'on est là dans la différence culturelle et qu'il ne faut s'emporter ou voir le mal partout. Mais en réalité, après en avoir discuté avec ma chère et tendre, bien qu'elle soit une joueuse tout comme je suis joueur, pas question pour elle de circuler dans les allées encombrées du Game Market. Et il en est de même pour nombre de mes amies joueuses.

Pour celui qui en est conscient, le Game Market a des zones d'ombre qui font parfois froid dans le dos. Pour l'illustrer, je vous montrerai une illustration. Je l'ai montrée. Plusieurs fois. Et les réactions ont été violentes. C'est moi qui voit le mal là où il n'y en a pas ?

Alors, toujours envie de jouer aux jeux japonais ?

Alors, toujours envie de jouer aux jeux japonais ?

On est à la limite de la pédophilie qui, je le rappelle, est autorisée dans le monde de l'animation au Japon. La possession de "produits" ouvertement pédophiles, hors animation, l'était encore il y a à peine deux semaines. Le Japon aura attendu 2014 pour interdire cette pratique. Et comme pour la loi contre les stalkers, à l'origine de nombre de tragédies ici, le gouvernement japonais se montre frileux à l'idée d'aborder ces problématiques essentielles.

Le jeu de base, Heart of Crown, un jeu de deck-building au demeurant très bon et présent à Essen l'année dernière via Japon Brand, proposait des illustrations inspirées elles aussi du monde de l'animation mais à aucun moment ne tombait dans ce glauque effrayant. Je compte bien poser la question à l'auteur du pourquoi, enfin, que diable ?

Ces jeux ne représentent évidemment pas la majorité des jeux produits au Japon, mais leur nombre est indéniable et c'est pour ces jeux que les files d'attente sont les plus longues. Files d'attente que j'évite religieusement, même si Jésus, a.k.a le Christ n'a rien à voir là-dedans.

Izobretenik


Izobretenik

Comments (31)

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Docteur Mops
Docteur Mops

C'était juste pour dire que l'alibi culturel, si il est très important de le prendre en compte ne s'impose pas comme une barrière infranchissable et à la quelle il ne fait jamais toucher.

Comprendre d'où viennent les choses et leur pourquoi est une nécessité. Et ce n'est pas toujours simple. Qu'on vienne me raconter que les petites culottes est une tradition japonaise me fait rire. Rire jaune bien sûr.

darkgregius
darkgregius

@Docteur Mops

Alors là tout à fait d'accord!Cela peut paraître incroyable mais plus d'un pensent qu'au nom de la culture et de l'art,on peut tout se permettre.J'ai souvenir lors d'un dîner,d'une conversation surréaliste où un convive trouvait normal que les murs des maisons et les rames de train soient taguées.

Totoche
Totoche

Culturellement mes ancêtres devaient manger mes ancêtres vous voyez. Traditionnellement, on devrait faire bosser le mômes. Enfin ceux des pauvres. Traditionnellement on devrait me condamner pour avoir couché avec des femmes sans être marié. Traditionnellement les femmes ne devraient pas voter. Ce sont lesquelles de traditions que vous prenez en compte pour dire qu'on ne peut pas juger quelque chose ?

Elles nous manquent toutes ces traditions. :)

Je suis bien entendu d'accord avec vous sur tous ces points, cher Docteur Mops. On peut évidement penser que sur un grand nombre de points, nous vivons évidemment mieux que nos ancêtres, ancêtres pas si lointains d'ailleurs. Que nous ne pouvons que souhaiter que sur ces certains points, toutes les femmes et tous les hommes puissent vivre mieux, eux aussi.

Je n'évoque simplement que notre propension à dire ce n'est pas bien aux autres.

Il y en a certains qui fument; C'est mal. Grâce aux conseils de leurs amis, aujourd'hui, ils vapotent. C'est un peu mieux. Comme quoi, l'Homme évolue.

C'est aussi pour cela qu'on vous apprécie, cher Docteur Mops.

:) :) :)

Docteur Mops
Docteur Mops

Cher monsieur Totoche, quelque soit le sens dans lequel vous le prenez, la pédophilie n'a jamais aidé un enfant à grandir, à être heureux ou épanoui et qu'il soit japonais ou européen n'y change rien. Par ailleurs, je n'ai jamais critiqué le fait de se marier jeune voyez-vous ? Que vous preniez la chose d'un côté ou de l'autre, se couper une main peut revêtir diverses significations mais ça donnera toujours une main en moins. Que les femmes japonaises s'accordent pour un rôle social bien déterminé ne me dérange pas. Que celles qui veulent vivre différemment sans nuire à autrui soient opprimées et mis au ban me fait porter un jugement sévère sur cette pratique. Quant à l'argument qui dit que c'est comme ça depuis toujours, d'abord c'est faux et ensuite on s'en fiche ^^ Ce n'est pas un point de vue de bobo occidental comme le dit l'autre imbécile mais bien un changement de société réclamé légitiment par une partie de la population auquel on oppose des arguments spécieux comme ceux de la soit disant culture. Je suis terriblement terrible, je juge même les autres ^^

Culturellement mes ancêtres devaient manger mes ancêtres vous voyez. Traditionnellement, on devrait faire bosser le mômes. Enfin ceux des pauvres. Traditionnellement on devrait me condamner pour avoir couché avec des femmes sans être marié. Traditionnellement les femmes ne devraient pas voter. Ce sont lesquelles de traditions que vous prenez en compte pour dire qu'on ne peut pas juger quelque chose ?

Totoche
Totoche

De quelles pratiques parles-tu ? :)

Par exemple, l'attirance pour les (très) jeunes filles.

Est-ce lié à cette nouvelle génération de BD ou est-ce lié à l'Histoire japonaise, ou une certaine Histoire japonaise ?

;o)

Izobretenik
Izobretenik

Il serait d'ailleurs intéressant que Monsieur Izo nous dise, et hormis les pratiques liées à technologie, si certaines de ces pratiques sont justement ancestrales ou si elles sont liées à l'évolution de la Société japonaise quelques dizaines d'années.

De quelles pratiques parles-tu ? :)

Dans combien de pays, oblige-t'on des jeunes filles à peine pubères à se marier à des hommes de tous âges ?

Pas ici, je te rassure. Mais il existe encore des mariages "arrangés", enfin je devrais dire des "rencontres arrangées", bien que la pratique soit de moins en moins acceptée par les jeunes.

P;-S. : Un salut amical à votre charmante épouse qui a fait un passage remarqué dans ce milieu bien masculin de la TTTV.

C'est fait !

Totoche
Totoche

L'argument de la culture différente a souvent bon dos

Ben c'est quand même un élément essentiel, cher Docteur Mops. Non ?

Combien de pays, ou de peuples, pratiquent des coutumes que nous, nous réprouvons ?

Dans combien de pays, oblige-t'on des jeunes filles à peine pubères à se marier à des hommes de tous âges ?

Il est donc difficile, je pense, de dire que nous avons LA bonne parole alors que ce sont des pratiques ancestrales, même si, ici, tous nous les réprouvons.
Il serait d'ailleurs intéressant que Monsieur Izo nous dise, et hormis les pratiques liées à technologie, si certaines de ces pratiques sont justement ancestrales ou si elles sont liées à l'évolution de la Société japonaise quelques dizaines d'années.

;o)

P;-S. : Un salut amical à votre charmante épouse qui a fait un passage remarqué dans ce milieu bien masculin de la TTTV.

Docteur Mops
Docteur Mops

Je pense effectivement que si quelqu'un venait me justifier la pédophilie sous des raisons culturelles, je lui filerais un bourre-pif pour des raisons pas culturelles du tout ;) Heureusement nous n'en sommes pas là.

L'argument de la culture différente a souvent bon dos. Autant je pense qu'il est primordial de comprendre et de se fournir les clés de décryptage (et certes il faut souvent se départir des ses propres clés sociétales pour suivre un chemin différent), autant laisser croire que sous prétexte de la différence on ne peut ni juger ni même parfois comprendre est une exagération qui nous laisse sur le seuil de notre humanité. Nous ne sommes jamais à l'abris de malentendus sur les raisons d'un comportement. Il existe aussi plusieurs modèles de société qui ont leurs avantages et leurs inconvénients. Nous le voyons d'ailleurs très bien dans la notre qui propose plusieurs modèles familiaux qui font parfois l'objet de débats vifs. Ce n'est pas pour autant que tout ce qui est différent est respectable ou irrespectueux. Pour qui est raisonnablement cortiqué ou qui se penche sur ces sujets avec un approche détachée ou scientifique (je devrais plutôt dire universitaire), on peut très bien appréhender des modes de vie différents, les comprendre et s'en faire un opinion. Le souci c'est qu'on confond souvent la discussion du bar du commerce avec celle de l'argumentation sur le net.

Il existe de problèmes de prostitution de la jeunesse, de pédophilie qui sont spécifiques au Japon. Le sexisme y est fort présent et brouille un peu la donne quand il s'agit de résoudre ces problèmes. Du coup, on en retrouve des formes plus ou moins évocatrices dans toutes les formes d'expressions et le jeu ne fait exception. Cela ne veut pas dire que tous les joueurs japonais sont des pervers, ni que les américains sont des ultraviolents, ni que les allemands sont des laborieux ^^ C'est juste que pour des raisons que l'on peut effectivement trouver basses et viles, certains profitent de ce titillement de certains fantasmes pour vendre leur camelote. On voit ici les limites de ce fameux second degré. Puisqu'on parlait plus haut par exemple des films gore, il me semble que les codes de décryptages y sont très clairs. Une construction précise, des stéréotypes qui permettent de savoir aisément que nous sommes dans une irréalité. Chose que les plus jeunes ne peuvent pas décoder par manque d'outils d'analyse et que certaines sensibles ne peuvent pas supporter non plus. Non pas pour des raisons de puritanisme outré mais juste parce que c'est très violent. Et ce qui vraiment dangereux n'est pas que cette violence existe mais qu'elle soit banalisée ou instituée comme modèle et rangée dans les mauvais tiroirs. Rien n'est jamais anodin et une personne démunie devant les moyens de comprendre des images, une narration risque d'un tirer des enseignements à la fois déstabilisant pour elle mais aussi pour les autres. Le second degré n'existe que quand on maitrise déjà le premier mais cette forme d'esprit à la fois citative, moqueuse et rebelle (et donc séduisante) a pris tellement d'ampleur qu'elle s'affirme parfois en tant que mode premier d'expression. Et malheureusement je dois dire, moi qui aime tellement cela, que c'en devient une forme perverse de la pensée.

Izobretenik
Izobretenik

Il est certain que si c'est la représentation du jeu japonais qui est en train de se faire au détriment des autres types de jeux, je ne peux qu'abonder en ton sens.

Il me semble que dans une de tes vidéos TTTV, tu nous expliquais que le jeu de société, hormis les jeux traditionnels, était dans une phase de développement culturel.
Cela explique aussi peut-être cela. Le jour où cela deviendra un réel loisir avec des jeux normaux, la question ne se posera plus.

Mais cela risque de prendre un certain temps, apparemment.

Complètement, et les jeux se diversifient beaucoup depuis quelques années. La première édition du Game Market, il y a un peu de 10 ans était très très différente ! Je pense aussi que tout cela va dans le bon sens, pour ceux qui souhaitent que le jeu se démocratise. Et les auteurs et éditeurs locaux, pour nombre d'entre eux, essaient justement d'amener à cela. Le travail de Japon Brand en est un des symboles d'ailleurs.

Totoche
Totoche

Il est certain que si c'est la représentation du jeu japonais qui est en train de se faire au détriment des autres types de jeux, je ne peux qu'abonder en ton sens.

Il me semble que dans une de tes vidéos TTTV, tu nous expliquais que le jeu de société, hormis les jeux traditionnels, était dans une phase de développement culturel.
Cela explique aussi peut-être cela. Le jour où cela deviendra un réel loisir avec des jeux normaux, la question ne se posera plus.

Mais cela risque de prendre un certain temps, apparemment.

:o)

Izobretenik
Izobretenik

Pour en revenir aux jeux, est-ce si important de voir des jeux avec des petites culottes ou autres représentations ?

Ce serait un jeu français ou européen, on dirait que c'est un jeu sexuel entre adultes consentants. ;o)

Là, il y a le contexte particulier décrit par Izo.

Il n'y aurait pas de problème si ça n'empêchait pas, et les auteurs comme les éditeurs et revendeurs ici le pensent et le disent parfois (cf. M. Maruta de Sugorokuya en opposition à Nakano, de Banesto, en gros le partisan du jeu familial et celui pro-otakus), d'avoir une ouverture du monde du jeu de société vers la famille et un public féminin.

Les petites culottes me posent moins problème quand on ne sexualise pas des corps de 11 ou 12 ans :) Entre adultes consentants oui, sans souci, mais imagine donc qu'au Festival de Cannes des jeux de ce type soient vendus sans n'être nullement cachés... ça réduirait vite le public à juste un groupe d'adultes consentants, puisque les familles auraient rapidement tendance à ne plus y aller. C'est ce que déplorent les joueuses de mon entourage. Et toutes les Madoka Kitao - Yokai no Mori - du Japon n'arrivent pas à faire oublier ça.


To be continued in bloggers news...